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May 18, 2026

Pour le Dr Juliette Faye, directrice médicale de Keur Djiguene Yi, l’éducation est à l’origine de toutes les opportunités.

Pour le Dr Juliette Faye, directrice médicale de Keur Djiguene Yi, l’éducation est à l’origine de toutes les opportunités. Elle lui a permis de réaliser son rêve d’enfant de devenir médecin et guide aujourd’hui son travail auprès des femmes et des familles de Dakar.

« Le savoir améliore la vie en donnant à chacun la possibilité de s’épanouir pleinement », affirme le Dr Faye. Depuis plus de dix ans, elle s’est donné pour mission de transmettre ce pouvoir aux femmes qui franchissent les portes du centre.

À Keur Djiguene Yi, soins médicaux et éducation sont indissociables. Le Dr Faye est convaincue que la prévention est souvent la forme de médecine la plus efficace, en particulier dans les communautés où l’accès aux soins réguliers est limité. Son objectif n’est pas seulement de soigner, mais aussi de donner aux femmes les moyens de mener une vie plus saine, plus heureuse et plus autonome, bien après leur consultation.

Chaque patiente bénéficie, en plus de ses soins médicaux, de conseils précieux. Lors des consultations prénatales, les femmes découvrent l’importance d’une alimentation équilibrée pendant la grossesse. Les jeunes mères apprennent les bonnes pratiques d’hygiène pour les nouveau-nés, notamment les techniques de bain et d’alimentation sans danger. Les patientes reçoivent également des conseils de prévention, comme l’utilisation de moustiquaires pour réduire le risque de paludisme.

Ces échanges, bien qu’informels, ont un impact durable et influencent souvent les habitudes familiales et les pratiques communautaires, bien au-delà des murs de la clinique.

Dès le départ, le Dr Faye voyait Keur Djiguene Yi comme bien plus qu’un centre de santé. Elle souhaitait en faire un lieu d’apprentissage, d’échange et d’autonomisation. Peu après l’ouverture, elle a commencé à proposer des cours et des séminaires, transformant l’espace d’accueil en véritable salle de classe.

Aujourd’hui, des femmes de différents quartiers de Dakar viennent assister à des sessions sur des sujets variés : nutrition, santé maternelle, éducation financière ou encore création de petites entreprises.

L’un des programmes les plus populaires concerne la nutrition maternelle. Le Dr Faye y explique comment une alimentation saine contribue directement au développement du fœtus, en mettant l’accent sur des aliments locaux et accessibles, comme les légumes verts riches en fer ou les cacahuètes, source abordable de protéines.

En structurant ses cours autour d’ingrédients que les femmes connaissent déjà, elle s’assure que les informations sont à la fois concrètes et applicables sur le long terme.

L’enseignement à Keur Djiguene Yi a évolué au fil du parcours professionnel du Dr Faye. Après avoir suivi une formation spécialisée sur les troubles du développement chez les nourrissons, elle a constaté le manque de soutien pour les mères concernées. Elle a donc créé un groupe de soutien qui se réunit chaque semaine pendant dix semaines. Ces séances offrent des outils pratiques, un soutien émotionnel et un espace sécurisant pour partager expériences et conseils.

Le succès du programme a rapidement attiré l’attention de ses pairs. Le Dr Faye a alors élargi l’initiative en proposant des formations destinées aux professionnels de santé et de la petite enfance, afin de diffuser ces connaissances plus largement.

Un autre prolongement important de cette mission éducative concerne l’indépendance économique des femmes. Grâce à un don, le Dr Faye a mis en place un programme de génération de revenus pour de jeunes mères. Les participantes ont appris les bases de la comptabilité, la gestion des stocks et le service client, ce qui leur a permis de développer une activité. Aujourd’hui, douze femmes gèrent leur propre petite entreprise et contribuent ainsi à la stabilité financière de leur famille.

« Il n’est jamais trop tard pour apprendre », affirme le Dr Faye. « Beaucoup de femmes ont quitté l’école très jeunes et ont eu peu de contrôle sur leur vie. Je veux leur redonner une partie de ce contrôle. » Elle poursuit désormais ses actions en animant des sessions de formation dans d’autres communautés, notamment à Prokhane, Guediawaye et Pikine.

À Keur Djiguene Yi, l’apprentissage n’est pas un service secondaire : il est au cœur de l’action.