Depuis 2018, nous travaillons en partenariat avec le service forestier sénégalais et un groupe de locaux dévoués pour replanter une parcelle de cinq hectares à Botou.
La forêt de Botou couvre 12 000 hectares situés au nord-est de Tambacounda. Mais ce n'est pas un lieu où poussent de façon continu des arbres imposants ; des années d'exploitation forestière illégale ont réduit sa couverture arborée et détruit son écosystème. Le Korsa s'efforce à changer cela.
Depuis 2018, nous travaillons en partenariat avec le service forestier sénégalais et un groupe de locaux dévoués pour replanter une parcelle de cinq hectares à Botou. L'objectif est, en plantant des arbres indigènes de la région, de raviver la forêt et de préserver la biodiversité. Cela contribuera à restaurer un écosystème sain pour la faune et la flore.
À ce jour, nous avons planté plus de 2 000 arbres dans la forêt, principalement des espèces devenues rares, comme le cordyla pinnata, connu sous le nom de dimb en wolof ; le Pterocarpus erinaceus, ou wenn comme on l’appelle localement ; ou encore l'Afzelia Africana, aussi appelé linké. On trouve parmi les autres espèces le moringa oleifera et l'acacia occidentale. Tous ces jeunes arbres sont cultivés à partir de graines dans notre pépinière urbaine, gérée par Massamba Camara, le directeur du bureau de Tambacounda.
Pour assurer la survie de ces arbres indigènes, nous devons les protéger contre toutes les menaces qui pèsent sur la forêt, loin de se limiter à l'exploitation forestière. Les feux de brousse, le pâturage des animaux, la production de charbon de bois et l'extraction illégale de latérite déciment également son écosystème. L'installation d'une clôture solide autour de la parcelle a été une première étape essentielle, tout comme la création d'un pare-feu.
Rien de tout cela ne serait possible sans nos partenaires locaux, qui vivent dans le village voisin de Botou et qui arrosent les arbres, entretiennent les clôtures et gèrent les terres.
Dirigée par l'ancien du village, Père Moussa, l'équipe de dix personnes comprend des jeunes et des moins jeunes. Ensemble, ils peuvent arroser toute la superficie du site en quatre heures, distribuant ainsi 2 000 litres d'eau aux arbres.
En raison de l'emplacement de la forêt, l'eau était initialement acheminée par camion par le service forestier afin de remplir les réservoirs situés sur la parcelle du Korsa. Mais à mesure que les arbres du site grandissaient et nécessitaient davantage d'irrigation, cette façon de procéder est devenue intenable.
En 2023, nous avons obtenu l'autorisation de creuser un puits et d’installer des robinets pour remplir les réservoirs, rendant l’arrosage plus efficace. Chaque année, nous calculons le nombre d'arbres à planter en fonction de l'eau disponible, afin de ne pas diminuer la nappe phréatique. Nous veillons également à ce qu'il y en ait suffisamment pour les oiseaux, qui reviennent de plus en plus vers les jeunes arbres et boivent dans des bassins miniatures disséminés sur le site, que l'équipe a fabriqués à partir de vieux pneus.
Bien que la restauration complète de la forêt ne soit pas prévue avant plusieurs années, nous avons déjà un impact et recherchons constamment des moyens d'en faire davantage.
Cette année, Père Moussa et son équipe ont coupé toute l’herbe sur le site afin de créer un tas de compost qui servira à nourrir les arbres. Massamba travaille aussi avec eux et le service forestier à la création d’une association, afin que l'équipe puisse fabriquer et vendre du miel, des tisanes et d'autres produits issus de la forêt au fur et à mesure de sa croissance.
Lorsque je demande au Père Moussa si la parcelle du Korsa est la plus active de la forêt de Botou, sa réponse est rapide et sans équivoque. « Sans aucun doute », dit-il.
